HELENE MARTIN

ARTICLES DE PRESSE


PORTRAITS (version pdf)

L'avantage de l'âge - Figaro Magazine
Martin : entre les mots et la musique Hélène - Le Monde
Hélène Martin - Figaroscope

A PROPOS DE LIVRES

Parcours - Le Nouvel Observateur
Hélène Martin, sentinelle de lumière - Chorus
Hélène Martin et les poètes - Libération
Martin s'en va en guerre - Rétroviseur
Je chante !

A PROPOS DE SCENES

Aux Bouffes du Nord, un soir en Hélénie - Le Figaro blog
Hélène Martin : entre les mots et la musique - Le Monde
L'avantage de l'age - Figaro Magazine
Hélène Martin - Figaroscope
Un festival essentiel - Le Devoir (Montréal)
Succès du marché de la poésie - Le Monde
Hélène Martin sur un chemin d'oiseaux - L'Humanité
Notre Dame des poètes - Libération
Le chant neuf d'Hélène Martin - Le Comtadin

A PROPOS DE CD

Télérama
Le Monde la musique

 

PORTRAITS

   

L’AVANTAGE DE L'AGE

Micheline Rozan, la directrice du Théâtre des Bouffes du Nord, ose, pour ouvrir sa saison, proposer un « Hommage à l'âge ». En cette époque dédiée à la jeunesse, elle programme tour à tour Georges Wilson (87 ans), la pianiste Madeleine Malraux - une des veuves d'André Malraux -, Geneviève Page (81 ans), le compositeur Pierre Henry (81 ans) et Jean-Claude Carrière (78 ans). Que de grandes destinées ! C'est Hélène Martin (81 ans), compositeur, auteur et interprète, qui a ouvert le bal samedi dernier. Arrivée sur scène avec sa canne, elle est repartie sans. Tous les artistes le disent, c'est là la force de la scène, cette énergie que l'on donne au public et qui, par un effet boomerang, vous revient amplifiée. Avec le musicien Jean Cohen-Solal, aux flûtes parfois évaporées, Hélène Martin revisite une longue et belle carrière mêlant ses propres textes comme ceux de grands auteurs, d'Aragon («Celui qui croyait au ciel...») à Genet, dont elle reprend sur scène le fameux«Sur mon cou...», qu'elle avait mis en musique en 1963 et qui fut repris en 1998 par Daho, ou encore l'inoubliable «Frères humains qui après nous vivez...», de François Villon. Bref, un plongeon, une immersion dans la langue, que la mélodie soutient et magnifie. Hélène Martin devait finir son spectacle par le «Pardonnez-moi...» de Genet, mais elle n'a pas osé tant la salle l'a applaudie. Si vous avez manqué cet unique spectacle, retrouvez-le en participant à la souscription pour la sortie de deux coffrets de 13 CD couvrant cinquante ans de chansons.

François Delétraz
11 septembre 2009
Figaro Magazine

 

 

MARTIN : ENTRE LES MOTS ET LA MUSIQUE HELENE

Hélène Martin ne voit pas le temps passer, elle le sent. Les yeux clairs en acier trempé, cheveux batailleurs, sourire élégant, elle joue comme une jeune fille des attributs de son art, la chanson. Quoique, comme elle le dit : "Je suis de ce pays frontalier entre les mots et la musique. Mais où la musique "qui a sa place unique" donne priorité au verbe et à l'amour du verbe." Non, la vieillesse n'est pas un naufrage, mais l'avancée dans la vie modifie le regard des autres, toujours prompts à plaindre, à aider et à considérer que tout est bien qui finit bien. Hélène Martin a 80 ans.

Parcours
1928 : Naissance à Paris.
1956 : Débuts dans les cabarets de la Rive gauche.
1960 : "Récital n° 1", premier album, Grand Prix de l'Académie Charles-Cros.
1984 : Mise en scène du "Condamné à mort" de Jean Genet, opéra-poème, au Théâtre Romain-Rolland de Villejuif.
2006 : "Va savoir", 1 CD EPM.
2009 : Lance une souscription pour réaliser un double coffret, "Voyage en Hélénie" : 13 CD, 200 titres, soit cinquante ans de chanson.

Elle a chanté, hiératique et badine à la fois, au Théâtre des Bouffes du Nord, encore et toujours celui de Peter Brook, le 4 septembre. Des textes écrits par "des êtres étonnants", des poètes, Aragon, René Char, Pablo Neruda, Paul Fort, Jules Supervielle et Jean Genet, qu'elle a mis en musique, et par elle, comme cette nouvelle comptine : "L'étiquette-au-cul/l'étiquette-au-cul, poétique-politique/Ta vie prétendue/Ta vie prétendue/Soit pudique-soit lubrique/Ta vie prétendue/sera mise à nu !/L'étiquette au cul !" Hélène Martin, toujours intransigeante, s'encanaille et chante le petit motif avec l'air farceur d'un Calder jouant avec les personnages de fil de fer fabriqués pour son cirque miniature.
Mais quelle étiquette Hélène Martin porte-t-elle exactement, là où elle le chante ? Chanteuse rive gauche. Oui. Parce que c'est dans les cabarets parisiens que cette fille d'un historien-géographe, maître de conférences à Science Po, débute en 1956. Elle sort du milieu parisien bourgeois, "haut la main avec un choix définitif à 19 ans", dit-elle, elle chante. A La Colombe, par exemple, dirigé par Michel Valette, qui convie sur l'île de la Cité la fine fleur des chanteurs à texte et à guitare, auteurs, compositeurs, frondeurs - Guy Béart, Anne Sylvestre, Pierre Perret, Jean Ferrat, Maurice Fanon - et qu'elle suivra au Milord l'Arsouille, avec Serge Gainsbourg ou Catherine Sauvage. Hélène Martin incarne une époque où la logique littéraire de la chanson est poussée à fond. Un mouvement artistique que les yéyés vont presque immédiatement briser : Laisse les filles, premier tube de Johnny Hallyday, sort en 1960. Alors, comme Barbara et Anne Sylvestre, Mme Martin est épinglée chanteuse intello, tendance texte contre musique, prise de tête contre twist. Cultivée, classique, Hélène Martin, en transposant leurs textes en chansons, offre à ses amis poètes une fenêtre sur la cour du grand public. "Ce qu'elle a fait en relation aux poètes contemporains est tout aussi intéressant que le travail de Léo Ferré", dit Serge Hureau, directeur du Hall de la chanson et historien du genre.
En 2009, l'obstinée a lancé une souscription pour réaliser un double coffret, Voyage en Hélénie, 13 CD, 200 titres, cinquante ans de chanson. Elle en voit le bout. Dans son oeuvre, elle désirait inclure les magazines télévisés qu'elle a réalisés dans les années 1960 avec de grands hommes, et qu'elle avait religieusement intitulés "Plain Chant". La série, en vingt-deux volets, est une superbe exploration des terres
poétiques de Jean Giono, d'Aragon, de Raymond Queneau, Jean Tardieu, Jacques Audiberti... Au catalogue, une seule femme, Colette, drôle de drame pour une Hélène Martin mouillée jusqu'au cou dans la défense du deuxième sexe et du droit à la contraception, défi de l'époque.
Quand elle parle de tout cela, Hélène Martin demeure sur les à-côtés. Elle circonvient. Elle s'évade, peut-être vers ce Sud qu'elle habite, puis, rentrée au bercail, répond, argumente, sur son site Web (Helene-martin.com) : "Comment leur dire que Giono m'a reçue dans son bureau sans déranger le tracé de sa vie, de son écrit en cours, et parce que j'écoutais en silence, comme transparente, j'existais à plein, recevant le sceau indépendant et unique, le saut frère, le message."
Si elle parle tant et si peu, si elle arrive avec un dossier noir contenant des disques et des livres de ses poèmes, qu'elle les laisse à la fin de la rencontre comme preuve de son existence, c'est qu'Hélène Martin porte sur elle un regard à la fois effrayé et radieux. Radieux, parce qu'elle a osé. Chanter pour le Parti communiste français sans jamais être encartée, comme son ami Aragon. Mener les batailles de son temps, et une en particulier, celle de l'indépendance artistique.
En 1968, elle vit dans le Vaucluse, une femme amoureuse lui a offert un champ entier de narcisses, plantés pour elle. La société d'antan se fissure alors, et elle fonde les Disques du Cavalier, du nom de sa maison, vendue plus tard pour colmater les pertes. Mais, en tout état de cause, trois fois Grand Prix de l'Académie Charles-Cros (1961, 1973, 1980), Hélène Martin s'affranchira des mécanismes de l'économie culturelle. Avec une rare intransigeance et de l'égotisme. De cette carrière commencée au disque en 1960 et au théâtre en 1966 avec Terres mutilées, spectacle monté sur des textes de René Char pour le 20e Festival d'Avignon à la demande d'un admirateur, Jean Vilar, Hélène Martin évoque aussi les succès et les creux. Et l'obstination que l'on doit mettre à faire exister un art minoritaire. En
1962, Hélène Martin réussit un tour de force : être autorisée par Jean Genet à mettre en musique un long poème Le Condamné à mort, écrit après la condamnation en 1939 à la peine capitale de Maurice Pilorge, un meurtrier d'une beauté fatale. "Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour./ Nous n'avions pas fini de fumer nos Gitanes./On peut se demander pourquoi les cours condamnent/Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour."
Hélène Martin s'empare des mots du poète d'extrême gauche, défenseur de causes communes, les Noirs, les révoltés, les Palestiniens. Rêve de s'attaquer à Quatre heures à Chatila, court texte publié par la Revue d'études palestiniennes en 1983, écrit après les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth. Sans se rencontrer, ils ont échangé des courriers. Genet : "Vous avez une voix magnifique, chantez-le où vous voulez et quand vous voulez ! Je l'ai entendu : grâce à vous, il est rayonnant." Elle est ici dans un texte d'homme, dans un univers d'hommes aimant les hommes, mais par la mélodie imparable et sa manière droite et inspirée de chanter, elle rend à Jean Genet une infinie féminité. "Plus tard, des revues gay ont écrit que Genet n'avait pas pu autoriser une femme à toucher à son oeuvre."
Les creux sont parfois comblés par des hérauts que l'on n'attendait guère. Ici, le prince de la pop française, Etienne Daho, qui chante en 1996 au Théâtre Molière à Paris un extrait du Condamné à mort. Intitulé Sur mon cou, le thème est, depuis, scotché à son répertoire. Et on retiendra que"Daho chante Genet" en zappant celle par qui la musique est venue, Hélène Martin. Comme Marc Ogeret en 1970, Daho s'apprête à reprendre l'intégralité du poème, avec Jeanne Moreau (à paraître chez Naïve). La compositrice, Hélène Martin, a dit oui, après réflexion.


Véronique Mortaigne
8 septembre 2009

   

Hélène Martin

Son nom n'évoquera sans doute rien auprès de la jeune génération, pourtant Hélène Martin est un personnage passionnant. Auteur, compositeur, réalisatrice pour la télévision de portraits d'Aragon, Tardieu, Louise Labé ou Max Jacob, productrice des Disques du Cavalier… on lui doit également la création de spectacles musicaux comme « Terres mutilées » sur des textes de René Char ou « Le Condamné à mort » de Jean Genet. Elle vient de sortir « Le Voyage en Hélènie », 13 CD de plus de 200 titres qui célèbrent 50 ans de carrière.
Faut-il y aller ? On n'a pas si souvent l'occasion de rencontrer un témoin aussi éclairé de l'histoire de la chanson et de la poésie françaises.

Annie Grandjanin
Figaroscope

 

A PROPOS DE LIVRES
   

 
PARCOURS

L'auteur-compositeur-interprète, femme courageuse toujours debout en dépit des galères, réunit ses "deux îles d'harmonie", le chant et l'écrit. Elle aime les mots et la poésie, la liberté de toute sa vie. Habitant l'errance, elle a côtoyé Aragon, Char, Genet, Giono, Neruda, Seghers...

Claude Roy aussi a voyagé en "hélénie". Hélène Martin les a mis en musique, les a chantés, et raconte ici "à chansons rompues" leur travail en commun, les ballades des vivants, des pendus, des condamnés, des funambules. "Avec le temps rien ne s'en va", dit-elle et célèbre ses amis, ses amours, ses musiciens, dont "les flûtes enchantées de Jean" (Cohen-Solal, maître de musique). On aimerait qu'elle chante toujours.

Ruth Valentini
17 mai 2000

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HÉLÈNE MARTIN, SENTINELLE DE LUMIÈRE

.... Un auteur d'une sensibilité contagieuse, n'ayant pas peur d'afficher ses coups de coeur, cicatrices et enthousiasmes, mais dont le verbe n'a de compte à rendre à personne, en dépit de ce long cheminement fraternel en compagnie de quelqu'unes des plus belles figures de notre histoire littéraire (Aragon, Eluard, Queneau, Genet, Lucienne Desnoues, Géraldy, Giono, Seghers, Char...) Une chanteuse dont le parcours - entre la gestion de son propre label phonographique (Cavalier crée en 1968 en Provence où elle s'est installée, les émissions qu'elle réalise pour la télévision (en particulier, à partir de 70, la série Plain-Chant sur les poètes) et ses rares passages à Paris (Bobino 1970, Le Palace 1980, Bouffes du Nord 1983...) - pourrait se résumer au simple titre d'un de ses nombreux albums Liberté femme et dont l'ambition artistique profonde est "Que nous demeure le goût de passer, de troubler, d'intervenir; le goût du chant et de l'amitié."

Ce double goût pour la poésie chantée (qui est un partage) et pour l'écriture ( qui est une activité solitaire et souvent douloureuse) se conjugue avec bonheur dans ce nouvel opus qu'elle nous livre aujourd'hui, sous son titre emprunté à Genet : La Douceur du bagne. Un objet sonore et littéraire non identifié, qu'Hélène Martin définit elle même comme chanson/roman et qui nous livre par bribe, quelques repères saillants de son itinéraire (parsemés de grands prix du disque), en commençant par ces trois mots qui, à eux seul, sont le miroir d'une vie : "Inventer des chants."...

Marc Robine
été 2000

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HÉLÈNE ET LES POÈTES

Considérée comme la voix de la poésie française, Hélène Martin reçoit en 1963 le prix Charles-Cros pour sa mise en musique du Condamné à mort de Jean Genet. Repris trente-cinq ans après par Etienne Daho (Sur mon cou), ce poème au goût de soufre attise la carrière de l'ancienne chanteuse rive gauche. Chansons personnelles et illustrations musicales des poètes constituent la matière de ses enregistrements. Le dernier, la Douceur du bagne, retrace en dix-huit chants un "parcours mystérieux" aux allures d'Odyssée.

Autobiographie. Quand on la questionne sur le lien qu'elle tisse entre Genet, Aragon, Rimbaud, Giono, Artaud, ..., Hélène Martin répond : "Tout est dans le livre/disque". Chanson/roman autobiographique, l'ouvrage fait une large place à sa relation personnelle avec la plupart de ces poètes à la reconnaissance incontestée...

Ludovic Perrin
16 mai 2000

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MARTIN S'EN VA EN GUERRE

Confidente des poètes dans les années soixante, soixante dix, bien plus qu'égérie, Hélène Martin l'est peut-être encore davantage aujourd'hui, longtemps après que beaucoup d'entre eux, comme le chantera éternellement Trenet, ont disparu. Pour elle qui, comme s'y attachait Cadou, traduit aussi "diverses choses en langues bleue que vous savez", ni le temps ni l'âge ne font rien à l'affaire. Tout juste quelques fils d'argent dans la chevelure. Quelques rides au coin de l'oeil qu'elle continue d'avoir vif. Une jambe qui fait un peu la paresse, avoue-t-elle. Mais la voix est là, forte et fraîche comme un vin, vivante, vivifiante source pour qui s'abreuve de - bonnes - paroles. La voici qui déménage, à l'heure où d'autres se ménagent.

Et qui innove ! La Douceur du bagne en témoigne par l'idée-concept même. Ne se satsfaisant pas ou plus du modèle CD / livret classique, Hélène Martin nous offre tout... sans son contraire, incluant un disque de 18 titres au minutage généreux, travaillés avec l'indefectible Jean Cohen-Solal (sur qui le temps non plus n'a pas de prise), encarté avec goût dans un livre de 130 pages abondamment illustrées de photos et de desssins, format oblong, imprimé sur beau papier, et condensant réflexions et souvenirs à la manière d'un journal. Un journal de la création, suivant la chronologie générale de l'album, pas exclusivement celle de l'enregistrement, et faisant la part belle aux digressions de tous ordres, avec un peu d'ironie et beaucoup d'humour, pans de lumière et d'azur éclairant et valorisant l'oeuvre en cours. (...)

Jean-Pierre Nicole
octobre/novembre/décembre 2000

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JE CHANTE !

Voici un beau livre. Livre à lire, à écouter aussi puisqu'il comporte un CD de 18 chansons. Hélène Martin l'appelle "chanson/roman".

On y flâne d'une chanson, d'un chapitre l'autre comme on se plaît à penser que l'auteur l'a écrit : en flânant au gré des chansons, qu'elle nous présente, commentaires et souvenirs mêlés, nous aidant à découvrir l'alchimie qui, du texte initial à la chanson interprétée, est un domaine où elle règne souverainement.

On sait combien Hélène Martin est importante dans le domaine de la chanson contemporaine, et quelle est sa contribution dans le genre de la chanson poétique. Elle a mis en musique bien des poètes, des plus célèbres à ceux qu'elle a parfois contribué à sortir de l'ombre. Parmi ses disques les plus connus il est quelques "monuments" dont on peut sans doute rappeler l'existence, d'autant plus qu'ils sont aujourd'hui disponibles en CD. Je pense en particulier à son Aragon et aussi au Condamné à mort de Jean Genet (interprétation de Marc Ogeret).

C'est d'ailleurs un texte de Genet (Ô la douceur du bagne) qui donne son nom au livre. Au fil des pages du volume et des plages du CD, Hélène Martin nous chante Rimbaud, aussi bien que Giono, Aragon, Artaud et d'autres.

Elle chante aussi ses propres textes. Ils ne déparent pas.

Joseph Moalic
juillet 2001
DISCOGRAPHIE

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"...livre et disque m'accompagnent depuis plusieurs semaines. C'est magnifique ! Tout un monde est là, offert, ouvert, avec parfois des soupçons de secrets, et l'on s'y promène avec vous, libertaire, ironique quand il faut, curieuse des mots et des sonorités, constamment, Hélène d'ombre et de soleil. Et quels compagnons de promenade nous offrez-vous, en toute évidence, comme si, de toute nécessité, ils devaient être là, fraternels, autour de Rimbaud.

"Ô douceur, Ô monde, Ô musique" : tout est dit en trois mots. Merci."

Robert Abirached

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A PROPOS DE SCENES

 

   

 

AUX BOUFFES DU NORD, UN SOIR EN HELLENIE

Elle y avait négocié son "virage à 80"...elle était aux Bouffes du Nord mardi soir, offrant un magnifique récital. Et le ministre de la Culture, discrètement, s'était glissé dans la salle pour applaudir Hélène Martin, ses poètes, ses amies chanteuses et tout un groupe d'artistes originaux.

Jean Genet est là, au coeur de ce spectacle qui s'intitule Voyage en Hélénie. Genet qui aurait eu cent ans cette année et dont on espère qu'il sera lui aussi à l'honneur, comme Jean-Louis Barrault un des metteurs en scène qui l'accueillirent, est là. Hélène Martin, pantalon, gilet ouvert par-dessus une chemise, dans des tons de sable, le place au coeur de son récital. Très beau texte. Un comédien entre en scène et lit des pages du poète. Il glissera naturellement vers Rimbaud et elle chantera "C'est sûr Arthur", après "La douceur du bagne" ou "Pardonnez-moi mon Dieu"... Vers la fin, Villon emplira de ses mots de compassion, si proche Villon, la haute coupole des Bouffes du Nord. Peter Brook est présent. Et aussi Frédéric Mitterrand, escorté du seul Jean-Pierre Biron.

Il y a une pureté dans ce voyage fraternel. Beauté de la voix qui s'assure au fur et à mesure. La dame souriante qui chante comme elle respire va demeurer plus de deux heures en scène. Il est 22h40 : "J'ai encore un petit peu de voix...". Ce récital est un cadeau qu'elle offre à un public fervent pour marquer la sortie d'un coffret qui réunit CD et DVD. Elle a chanté ses propres textes et compositions, ouvrant sur le mafgnifique "Prométhée", poursuivant jusqu'à "Pense bête" et autres merveilleux bibelots de sensibilité sonore. Elle a chanté Neruda, Aragon, Verlaine. Elle a chanté cette superbe chanson écrite par le regretté André Benedetto, qui créa le Théâtre des Carmes d'Avignon, pionnier du "off", poète de haute flamme, son voisin du sud, "Balade de Bessie Smith".

Francesca Solleville, Anne Sylvestre, Brigitte de Saint-Martin viennent tour à tour chanter. Les soeurs, les complices. Anne Sylvestre ne connaît pas bien son texte, mais elle lit en riant son "Pense-bête"... Chacune représente la grande et belle chanson française. De belles voix, un goût des grands textes, une présence irradiante.

D'autres compagnons pour ce voyage. Un jongleur spirituel, un fin diseur de textes, on l'a dit. Vincent Berhault et Gilles Blanchard. Il y a les musiciens. Jean Cohen Solal, le flûtiste qui accompagne Hélène Martin depuis 1973, n'est pas là car il vient d'être opéré. Mais à la contrebasse Christiane Ildevert, belle, excelle dans tous les registres tandis que Teddy Lasry, flûtes, clarinette, accordéon etc., virtuose modeste et délié, illumine chaque composition. Hélène Martin le dit, elle l'a connu, il avait 7 ans. Son père, Jacques Lasry lui disait : "Il faut chanter carré" ... et parfois jugeait que le "carré" était trop rigide ... Elle salue les artisans du son, des lumières, la régie.

Souvenirs. Hommage. C'est avec une évocation délicate de Gianni Esposito et de son clown qui se meurt qu'elle se prépare à nous quitter... égrenant l'heure "H" des hirondelles, des Hélène et des amoureux du Havre.

Armelle Héliot
19 mai 2010 | Lien permanent

 

HELENE MARTIN : ENTRE LES MOTS ET LA MUSIQUE

Hélène Martin ne voit pas le temps passer, elle le sent. Les yeux clairs en acier trempé, cheveux batailleurs,
sourire élégant, elle joue comme une jeune fille des attributs de son art, la chanson. Quoique, comme elle le dit : "Je suis de ce pays frontalier entre les mots et la musique. Mais où la musique "qui a sa place unique" donne
priorité au verbe et à l'amour du verbe." Non, la vieillesse n'est pas un naufrage, mais l'avancée dans la vie
modifie le regard des autres, toujours prompts à plaindre, à aider et à considérer que tout est bien qui finit bien.
Hélène Martin a 80 ans.

Parcours
1928 Naissance à Paris.
1956 Débuts dans les cabarets de la Rive gauche.
1960 "Récital n° 1", premier album, Grand Prix de l'Académie Charles-Cros.
1984 Mise en scène du "Condamné à mort" de Jean Genet, opéra-poème, au Théâtre Romain-Rolland de Villejuif.
2006 "Va savoir", 1 CD EPM.
2009 Lance une souscription pour réaliser un double coffret, "Voyage en Hélénie" : 13 CD, 200 titres, soit cinquante ans de chanson. Elle a chanté, hiératique et badine à la fois, au Théâtre des Bouffes du Nord, encore et toujours celui de Peter Brook, le 4 septembre. Des textes écrits par "des êtres étonnants", des poètes, Aragon, René Char, Pablo Neruda, Paul Fort, Jules Supervielle et Jean Genet, qu'elle a mis en musique, et par elle, comme cette nouvelle comptine : "L'étiquette-au-cul/l'étiquette-au-cul, poétique-politique/Ta vie prétendue/Ta vie prétendue/Soit pudique-soit lubrique/Ta vie prétendue/sera mise à nu !/L'étiquette au cul !"

Hélène Martin, toujours intransigeante, s'encanaille et chante le petit motif avec l'air farceur d'un Calder jouant avec les personnages de fil de fer fabriqués pour son cirque miniature. Mais quelle étiquette Hélène Martin porte-t-elle exactement, là où elle le chante ? Chanteuse rive gauche. Oui. Parce que c'est dans les cabarets parisiens que cette fille d'un historien-géographe, maître de conférences à Science Po, débute en 1956. Elle sort du milieu parisien bourgeois, "haut la main avec un choix définitif à 19 ans", dit-elle, elle chante. A La Colombe, par exemple, dirigé par Michel Valette, qui convie sur l'île de la Cité la fine fleur des chanteurs à texte et à guitare, auteurs, compositeurs, frondeurs - Guy Béart, Anne Sylvestre, Pierre Perret, Jean Ferrat, Maurice Fanon - et qu'elle suivra au Milord l'Arsouille, avec Serge Gainsbourg ou Catherine Sauvage. Hélène Martin incarne une époque où la logique littéraire de la chanson est poussée à fond. Un mouvement artistique que les yéyés vont presque immédiatement briser : Laisse les filles, premier tube de Johnny Hallyday, sort en 1960. Alors, comme Barbara et Anne Sylvestre, Mme Martin est épinglée chanteuse intello, tendance texte contre musique, prise de tête contre twist. Cultivée, classique, Hélène Martin, en transposant leurs textes en chansons, offre à ses amis poètes une fenêtre sur la cour du grand public. "Ce qu'elle a fait en relation aux poètes contemporains est tout aussi intéressant que le travail de Léo Ferré", dit Serge Hureau, directeur du Hall de la chanson et historien du genre.

En 2009, l'obstinée a lancé une souscription pour réaliser un double coffret, Voyage en Hélénie, 13 CD, 200 titres, cinquante ans de chanson. Elle en voit le bout. Dans son oeuvre, elle désirait inclure les magazines télévisés qu'elle a réalisés dans les années 1960 avec de grands hommes, et qu'elle avait religieusement intitulés "Plain Chant". La série, en vingt-deux volets, est une superbe exploration des terres poétiques de Jean Giono, d'Aragon, de Raymond Queneau, Jean Tardieu, Jacques Audiberti... Au catalogue, une seule femme, Colette, drôle de drame pour une Hélène Martin mouillée jusqu'au cou dans la défense du deuxième sexe et du droit à la contraception, défi de l'époque. Quand elle parle de tout cela, Hélène Martin demeure sur les à-côtés. Elle circonvient. Elle s'évade, peut-être vers ce Sud qu'elle habite, puis, rentrée au bercail, répond, argumente, sur son site Web (Helene-martin.com) : "Comment leur dire que Giono m'a reçue dans son bureau sans déranger le tracé de sa vie, de son écrit en cours, et parce que j'écoutais en silence, comme transparente, j'existais à plein, recevant le sceau indépendant et unique, le saut frère, le message."

Si elle parle tant et si peu, si elle arrive avec un dossier noir contenant des disques et des livres de ses poèmes, qu'elle les laisse à la fin de la rencontre comme preuve de son existence, c'est qu'Hélène Martin porte sur elle un regard à la fois effrayé et radieux. Radieux, parce qu'elle a osé. Chanter pour le Parti communiste français sans jamais être encartée, comme son ami Aragon. Mener les batailles de son temps, et une en particulier, celle de l'indépendance artistique. En 1968, elle vit dans le Vaucluse, une femme amoureuse lui a offert un champ entier de narcisses, plantés pour elle. La société d'antan se fissure alors, et elle fonde les Disques du Cavalier, du nom de sa maison, vendue plus tard pour colmater les pertes. Mais, en tout état de cause, trois fois Grand Prix de l'Académie Charles-Cros (1961, 1973, 1980), Hélène Martin s'affranchira des mécanismes de l'économie culturelle. Avec une rare intransigeance et de l'égotisme.

De cette carrière commencée au disque en 1960 et au théâtre en 1966 avec Terres mutilées, spectacle monté sur des textes de René Char pour le 20e Festival d'Avignon à la demande d'un admirateur, Jean Vilar, Hélène Martin évoque aussi les succès et les creux. Et l'obstination que l'on doit mettre à faire exister un art minoritaire. En 1962, Hélène Martin réussit un tour de force : être autorisée par Jean Genet à mettre en musique un long poème Le Condamné à mort, écrit après la condamnation en 1939 à la peine capitale de Maurice Pilorge, un meurtrier d'une beauté fatale. "Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour./ Nous n'avions pas fini de fumer nos Gitanes./On peut se demander pourquoi les cours condamnent/Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour."

Hélène Martin s'empare des mots du poète d'extrême gauche, défenseur de causes communes, les Noirs, les révoltés, les Palestiniens. Rêve de s'attaquer à Quatre heures à Chatila, court texte publié par la Revue d'études palestiniennes en 1983, écrit après les massacres des camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth. Sans se rencontrer, ils ont échangé des courriers. Genet : "Vous avez une voix magnifique, chantez-le où vous voulez et quand vous voulez ! Je l'ai entendu : grâce à vous, il est rayonnant." Elle est ici dans un texte d'homme, dans un univers d'hommes aimant les hommes, mais par la mélodie imparable et sa manière droite et inspirée de chanter, elle rend à Jean Genet une infinie féminité. "Plus tard, des revues gay ont écrit que Genet n'avait pas pu autoriser une femme à toucher à son oeuvre."

Les creux sont parfois comblés par des hérauts que l'on n'attendait guère. Ici, le prince de la pop française,
Etienne Daho, qui chante en 1996 au Théâtre Molière à Paris un extrait du Condamné à mort. Intitulé Sur mon cou, le thème est, depuis, scotché à son répertoire. Et on retiendra que "Daho chante Genet" en zappant celle par qui la musique est venue, Hélène Martin. Comme Marc Ogeret en 1970, Daho s'apprête à reprendre l'intégralité du poème, avec Jeanne Moreau (à paraître chez Naïve). La compositrice, Hélène Martin, a dit oui, après réflexion.

Véronique Mortaigne
8 septembre 2009

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L'AVANTAGE DE L'AGE

Micheline Rozan, la directrice du Théâtre des Bouffes du Nord, ose, pour ouvrir sa saison, proposer un « Hommage à l'âge ». En cette époque dédiée à la jeunesse, elle programme tour à tour Georges Wilson (87 ans), la pianiste Madeleine Malraux - une des veuves d'André Malraux -, Geneviève Page (81 ans), le compositeur Pierre Henry (81 ans) et Jean-Claude Carrière (78 ans). Que de grandes destinées ! C'est Hélène Martin (81 ans), compositeur, auteur et interprète, qui a ouvert le bal samedi dernier. Arrivée sur scène avec sa canne, elle est repartie sans. Tous les artistes le disent, c'est là la force de la scène, cette énergie que l'on donne au public et qui, par un effet boomerang, vous revient amplifiée. Avec le musicien Jean Cohen-Solal, aux flûtes parfoisévaporées,Hélène Martin revisite une longue et belle carrière mêlant ses propres textes comme ceux de grands auteurs, d'Aragon («Celui qui croyait au ciel...») à Genet, dont elle reprend sur scène le fameux«Sur mon cou...», qu'elle avait mis en musique en 1963 et qui fut repris en 1998 par Daho, ou encore l'inoubliable «Frères humains qui après nous vivez...», de François Villon. Bref, un plongeon, une immersion dans la langue, que la mélodie soutient et magnifie. Hélène Martin devait finir son spectacle par le «Pardonnez-moi...» de Genet, mais elle n'a pas osé tant la salle l'a applaudie. Si vous avez manqué cet unique spectacle, retrouvez-le en participant à la souscription pour la sortie de deux coffrets de 13 CD couvrant cinquante ans de chansons.

François Delétraz
Figaro Magazine
11 septembre 2009

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HELENE MARTIN

Son nom n'évoquera sans doute rien auprès de la jeune génération, pourtant Hélène Martin est un personnage passionnant. Auteur, compositeur, réalisatrice pour la télévision de portraits d'Aragon, Tardieu, Louise Labé ou Max Jacob, productrice des Disques du Cavalier… on lui doit également la création de spectacles musicaux comme « Terres mutilées » sur des textes de René Char ou « Le Condamné à mort » de Jean Genet. Elle vient de sortir « Le Voyage en Hélènie », 13 CD de plus de 200 titres qui célèbrent 50 ans de carrière.
Faut-il y aller ? On n'a pas si souvent l'occasion de rencontrer un témoin aussi éclairé de l'histoire de la chanson et de la poésie françaises.

Annie Grandjanin
Figaroscope
1er septembre 2009

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UN FESTIVAL ESSENTIEL

Barjac - Du 26 au 29 juillet dernier, c'était au tour du village français de Barjac de tenir son festival de chansons. (...) Parmi les artistes invités, Bernard Haillant, Hélène Martin et Ricet Barrier constituaient les têtes d'affiche. (...) L'auteur-compositeur-interprète Hélène Martin, qui est également productrice de disques, auteur et créatrice de concerts et spectacles musicaux, metteur en scène, auteur d'émissions radiophoniques et réalisatrice pour la télévision est une figure majeure (trop peu diffusée) de la chanson française. Elle donnait un récital fort attendu le soir du 28 juillet, récital des plus marquants. La voix qu'on croirait fragile demeure étonnement mélodieuse et vibre dans le silence d'un auditoire attentif; tout en délicatesse. Hélène Martin réussit ce miracle de conserver des accents parlés qui vont droit au coeur; comme spectateur, on a l'impression qu'elle vient nous chercher personnellement, intimement.

Sa mise en scène est sans truquage; la chanteuse ne se déplace que très peu; quelques éclairages judicieux mettent en valeur les climats des chansons. Au besoin une bande sonore savamment choisie vient s'ajouter. Autrement, deux guitares suffisent pour l'accompagner: la sienne propre et celle d'un guitariste d'une grande subtilité. Qu'elle chante ses propres chansons, Jean Genet, René Char ou Pablo Neruda, qu'elle rende hommage à Julien Clerc ou à Bessie Smith, l'émotion est tangible et la résonnance efficace. La dépense n'est pas l'affaire d'Hélène Martin, qui table plutôt sur l'interiorité. Au spectateur est offert le présent du dépouillement qui lui permet d'accueillir dans les meilleures conditions possibles la poésie de haut niveau qui caractérise les textes écrits ou choisis par Martin et de se retrouver lui-même. (...)

Solange Lévêque
19 août 2001 - Montréal

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SUCCÈS DU MARCHÉ DE LA POÉSIE

La dix-huitième édition du marché de la poésie a été un bon millésime. Du 14 au 18 juin - une journée supplémentaire par rapport aux autres années - la manifestation a réuni, Place Saint-Sulpice, à Paris, environ 60 000 personnes, selon son organisateur, l'éditeur Jean-Michel Place, alors que la moyenne annuelle est de l'ordre de 45 000. Le beau temps, de nombreuses animations, et, bien sûr, la journée en plus, expliquent ce succès. Signalons parmi les temps forts, l'escale du train Europe littérature 2000 et de sa centaine d'auteurs, une ouverture à la peinture ou la venue d'Hélène Martin. Avec 250 exposants, le marché a montré la variété et la vivacité de l'édition de poésie et l'intérêt d'un public "qui se diversifie", selon Jean-Michel Place.

Alain Salles
23 juin 2000

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HÉLÈNE MARTIN SUR UN CHEMIN D'OISEAUX

Elle entre, timidement, en souriant, par une porte de côté. Les anges de la poésie l'accompagnent, une avalanche d'anges. Rilke justement est le premier à prendre la parole, première Elégie de Duino, "l'obscur sanglot, ce cri d'appel". Elle, c'est Hélène Martin qui veille depuis longtemps, discrète et sûre hôtesse, dans la maison des poètes. Elle chante bien sûr, mais ce n'est pas un récital en bonne et due forme qu'elle commence : une balade au long cours sur des terres où la voix de poètes converse avec le ciel et le destin des hommes....

Des couleurs multiples et mêlées car elle n'aime rien tant que le métissage des coeurs et des visages. Témoin sa "chanson pour Rachid ", hymne heureux et résolu à la fraternité ! Au fond, tout l'art est là, dans cette aisance à faire tenir ensemble, dans un même désir de rêver le monde, des tonalités aussi diverses que celles des Cigales de Lucienne Desnoues et du Bar Canaille d'Artaud.(...)

J-P S
29 juillet 1997

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NOTRE DAME DES POÈTES

On sait que Jean Vilar avait concédé un peu de place à la chanson dans son TNP, y programmant notament Brassens. Alors on ne s'étonnera pas que, dans les spectacles non officiels d'Avignon, se glissent nombre de chanteurs. Et s'il y en a une qui a sa place, c'est bien Hélène Martin, depuis toujours à défendre la chanson poétique, empruntant aux meilleurs auteurs leurs meilleurs poèmes, pour les rendre plus attrayants par le biais de la musique et de la voix : d'ailleurs elle s'y produisait dès 1966.

Celle dont Genet avait salué l'adaptation du Condamné à mort se présente avec une formation sélective : Gilles Blanchard (comédien), Rémi Charmasson (guitares), Jean Cohen-Solal (flûtes), Christiane Ildevert (contre basse), elle même s'accompagnant comme toujours à la guitare. (...)

H. H.
28 juillet 1997

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LE CHANT NEUF D'HÉLÈNE MARTIN

C'est à la demande de Jean Vilar, en 1966, qu'Hélène Martin est venue chanter pour la première fois au festival d'Avignon sur des textes de René Char. Mais n'allez surtout pas lui causer "nostalgie", ça la "rebiffe". D'autant qu'Etienne Daho - qui cet hiver l'a accompagnée deux fois en duo sur la scène parisienne du Théâtre Molière où elle se produisait - l'a sollicité pour inscrire au répertoire de sa tournée, son interprétation du Condamné à mort de Genet. (...)

On est donc très loin des ballades d'une dame du temps jadis, même si c'est à une "Balade au long cours" que nous convie aujourd'hui Hélène à l'AJMI. C'est vrai que ça fait un bon bout de chemin qu'elle célèbre ses potes les poètes. "En lançant ce défi d'être toujours là !" comme disent les derniers vers d'une toute nouvelle chanson. "Avec peut-être un peu d'orgueil de tenir bon" pour ce genre qu'on a trop coutume de dire sinistré. Car elle revendique une place parmi les créateurs au semelles de swing "qui ont imposé quelque chose au niveau du verbe et de la musique". (...) Ce souffle soudain qui gonfle les poumons et perpétue les voix nomades, Hélène Martin n'en manque toujours pas. Le cachet de son timbre de collection en fait foi. Besoin d'une écume de grâce en ce fin de siècle cannibale ? Il suffit de l'écouter ciseler ses curieuses cerémonies miniatures pour dégoûter l'ennui.

25 juillet 1997

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A PROPOS DE CD

 

   

 
HÉLÈNE CHANTE LES POÈTES (2CD EPM)

Hélène Martin rassemble sur deux albums plus de trente poètes à qui elle a consacré beaucoup de sa vie, et la plupart de ses chants. Avec un sens très sûr du périlleux accord entre la musique des mots et celle des notes ; avec une séduisante aisance à jouer des rythmes propres à chacun de ces modes d'expression.

La voix fluide, le beau timbre nous entraîne, au long d'orchestrations élégamment dépouillées, sur les chemins de Jean Genet et de René Char, d'Eluard et d'Aragon, de Supervielle et de Giono. Au détour de ces plages lumineuses, Laurent Terzieff dit La Chanson de Saint-John Perse, Un Jour de Boris Vian, Le Dernier poème de Desnos..., Mots gorgés de sang et de ciel, compositions en connivence, chant profond de la poésie: le partage passionné d'Hélène Martin nous est infiniment précieux.

Anne-Marie Paquotte
décembre 1996

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Hélène Martin fait partie de ces chanteuses qui ont défendu la poèsie avec une rigueur sourcilleuse. Elle est d'ailleurs l'auteur d'une anthologie de poèsie chantée primée par l'Académie Charles-Cros. Fruits du commerce qu'elle eu avec les Aragon, Raymond Queneau, Pierre Seghers, René Char ou encore Jean Genet - d'une abrupte beauté, son interprétation du Condamné à mort, présente dans ce coffret fait autorité -, ces cinquante-quatre chansons sont une exceptionnelle compilation qui court de Tant de sueur humaine (1962) à Pauvre Rutebeuf (1983).

Frank Tenaille
décembre 1996
DE LA MUSIQUE

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