HELENE MARTIN

A ceux qui me demandent qui sont Thimothina et Léonard
Autre parenthèse de Thimothina

Parenthèse pour un jeune cavalier
Arthur
Mutinerie mutine
Pour en finir avec la sourde oreille

À ceux qui me demandent qui sont Thimothina et Léonard - version imprimable
Autre parenthèse de Thimothina... - version imprimable
Parenthèse pour un jeune cavalier - version imprimable
Arthur - version imprimable
Mutinerie mutine - version imprimable
Pour en finir avec la sourde oreille - version imprimable

À CEUX QUI ME DEMANDENT QUI SONT THIMOTHINA ET LÉONARD

alinea Thimothina et Léonard naissent d'une nouvelle d'Arthur Rimbaud "Un coeur sous une soutane" écrite en 1871. Confiée cette même année par "Rimbe" à Izambard. Comment se fait-il que ce dernier n'en parle ni à Verlaine ni à Delahaye, ni à personne ?
alinea En 1912, le bibliophile Henry Saffrey avertit Bérrichon qu'il vient de l'acquérir avec six autres poèmes manuscrits de Rimbaud.
alinea Bérrichon en fait copie, mais ne publie rien. C'est seulement après sa mort que Louis Aragon et André Breton obtinrent l'autorisation de prendre copie de la copie qu'ils confient au libraire-éditeur Ronald Davis qui la publie en 1924. Une supercherie surréaliste fut évoquée. Mais Alfred Saffrey, fils d'Henry Saffrey, en prouva l'authenticité en donnant accès au manuscrit original. Signé de la main de Rimbaud et comportant des corrections manuscrites apportées par l'auteur.
alinea Il a donc fallu 53 ans pour que cette nouvelle remonte à l'air. Quel mystère a donc « empêché que cela arrive » ? Combien d'écrits sont-ils mis de côté, cachés, oubliés, ignorés, abandonnés dans le brouillard et la poussière des placards, puis retrouvés et cajolés par quelques érudits bibliophiles amoureux fous ? C'est un texte drôle et tragique qui donne à voir le ridicule et la passion et l'extrême de l'ennui dont il faudra sortir et aussi l'envol à venir.
alinea Je me sens des affinités avec Léonard, gauche et fébrile et sa flamme juvénile pour Thimothina. Des minuscules affinités aussi avec cette fille du Notaire Labinette, qui oscille entre la soupe aux choux, le tricot et la moquerie. Léonard la grandit par ses sonnets amoureux, par les mises à feu de son corps. N'ai-je pas été cette gourde au placard et ses quelques dons ménagers ? N'ai-je pas été ces enfants de bourges pleins d'élans contradictoires, et d'ennuis tragiques ? Mais aurais-je tricoté des chaussettes pour Léonard ? C'est moins sûr. J'ai peut-être fait pire ou mieux. À 17 ans, je suis partie pour d'autres contrées.

AUTRE PARENTHÈSE DE THIMOTHINA...

alinea alinea Comme une rumeur derrière l'espace. Des sons commencés, interrompus, se poursuivent dans la brume. Rumeurs incertaines, petites plaintes fredonnées entre la rumination et le ronronnement.
alinea Peur d'entendre. Certitude d'entendre.
alinea Mais d'où vient-elle cette rumeur ? Du poste de radio que je viens d'éteindre ? C'est la grève sur les antennes et des musiques en vrac sont diffusées mélangées aux chansons chouettes et aux chansons navrantes et celles aussi de Henri Salvador qui vient de casser sa pipe. (Alors « Syracuse », tu repasseras ! Les vols affichent complet !)
alinea D'où vient-elle cette rumeur qui circule dans mes tympans ?
alinea Acouphènes ? Non. Pas du tout. Je cherche et je finis par ouvrir le placard sous l'escalier plein à craquer de toiles d'araignées et chargé à raz bord des yeux et de lèvres de poètes, de peintres, de musiciens magnifiques, étonnés et râleurs. Pessoa se roule une cigarette. Il a un orgelet. Il s'en fout de cette porte qui s'ouvre bien trop tard. Il s'en fout comme Mozart qui vomit dans un coin en rigolant car il a dit et sait dès les débuts des placards : « qu'une oeuvre doit être assez compréhensible et bien foutue pour que, même un cochon puisse la chanter sans erreur immédiatement après son audition. » Il a dit ça Mozart et ça me botte ! À l'autre coin, il y a Genet. Ce sont ses yeux qui parlent. Ils disent : « c'est bien fait pour vous, vous n'aviez qu'à pas inventer le placard, les balais, l'aspirateur et la poussière, le bien, le mal et les poètes... En ouvrant la porte, vous risquez gros, ma p'tite dame ! Vous risquez d'avoir pour l'éternité tous les mots sur le bout de la langue sans pouvoir jamais les inventer et les prononcer et les lancer au ciel ! » quant à Apollinaire, il rumine et fredonne plus que les autres : « J'aurais préféré des chiottes plutôt qu'un placard, au moins ça sent le vrai et il y a une chasse d'eau ! » Kafka a l'habitude des placards, il pense à son pli de pantalon et cherche en vain un lavabo pour se laver les mains... Il a renoncé à tout depuis longtemps - sauf à se laver les mains - mais, dans le fond, qu'est-ce que j'en sais ? Les manies qu'il s'octroie encore, c'est pour faire plaisir aux psys dont il se moque aussi, bien qu'il ait habité au même étage que Freud ! À propos, ce dernier est sous l'escalier, à l'envers, il a le torticolis. D'ailleurs, il n'est plus que torticolis. Sa cravate est détachée.
alinea C'est trop ! Je referme la porte, mais ma main droite reste sur la poignée.
alinea Elle se détache de mon bras. Je m'en passerai donc. (C'est dur pour une droitière 100 % !) J'en fais don au musée Grévin.
alinea « Merde à Vauban. »

Thimothina

À ceux qui me demandent qui sont Thimothina et Léonard - version imprimable
Autre parenthèse de Thimothina... - version imprimable

A ceux qui me demandent qui sont Thimothina et Léonard
Autre parenthèse de Thimothina

Parenthèse pour un jeune cavalier
Arthur
Mutinerie mutine
Pour en finir avec la sourde oreille
haut

PARENTHESE POUR UN JEUNE CAVALIER
À sa connaissance de l'Art équestre
(en pensant continûment au « Roi sans divertissement » de Jean Giono)

Le petit cheval n'y comprend rien
Le Roi sait le monter
Le Roi peut le monter
Le Roi peut s'évader au galop et sauter l'obstacle
ooooooooooooooooo (il a su aussi faire l'amour à sa Dulcinée)
Mais le Roi a faim, faim, faim
Il est dénutri
Dénutri par l'ennui
ooooooooooooooooo(les non-dits et les idées générales)
N'empêche que le petit cheval ne comprend rien
Le Roi non plus
ooooooooooooooooo(non plus le chien)
ooooooooooooooooo(non plus l'Enfant)

Le Roi est fier. Il a de vraies larmes
Le Roi sait faire danser le petit cheval...
oooooooooooooooooCe faisant, ce matin il fredonne et se remémore (dans l'âme) :

 « Il se peut qu'on s'évade en passant par le toit »
« Ce toit tranquille où marchent des colombes »
tralala tralala lalère...

Il se peut aussi qu'on dorme à la belle étoile
L'impossible étoile (sans toit ni loi) et qu'on dorme bien 

Qui veut, peut.

Thimothina
(confessions d'un Sagittaire)

Parenthèse pour un jeune cavalier - version imprimable

A ceux qui me demandent qui sont Thimothina et Léonard
Autre parenthèse de Thimothina

Parenthèse pour un jeune cavalier
Arthur
Mutinerie mutine
Pour en finir avec la sourde oreille
haut

ARTHUR

C'est sûr
Arthur
Tous les peignes culs
De la terre
Peuvent bien aller
Se rhabiller
C'est sûr
Arthur
Ma Rimbe d'Amour
Mon Verlaineux
Ma Rimbe en fièvre
Quille éclatée
Fauve esseulé
Ma dulcinée
à Londres
à Bruxelles
aux Abysses...
Tu fuis Paris
Et Sarkozy
à jamais !

Mon bel ouvrier du dimanche
Voyant du monde écartelé
entre les vagues et les branches
Ma dulcinée
Mon petit dieu
Tu ponds du Neuf
Tu ponds des oeufs
d'éternité
Ma fripouille
Mon raffiné
Rustre et fringant
Ma dulcinée
Mon verlaineux
Mon estropié
Mon fantastique
surfer des océans.
Voilà ! Voilà
que tous les poteaux de couleur
te font la révérence
C'est ton chemin de croix.
Je crois je crois je crois en toi
mon dieu qui parle neuf
et puis Latin.
Tu me tues
Tu es un autre
quand il te plaît de l'être
Ah ! comme tu me plais
Tu marches encore
Tu marches, tu marches
Tu marches à n'en plus finir
Tu marches l'amble
Comme ta Mûle de Syrie
Tu me laisses tomber
Tu bandes au désert
Tu bandes encore
Tu espères encore
Encore espère
Même en civière.
Tu montes à bord

Monter à ton bord
Tel est mon désir
Tel est mon plaisir
Mon beau Navire
C'est sûr
Arthur

Arthur - version imprimable

A ceux qui me demandent qui sont Thimothina et Léonard
Autre parenthèse de Thimothina

Parenthèse pour un jeune cavalier
Arthur
Mutinerie mutine
Pour en finir avec la sourde oreille
haut

MUTINERIE MUTINE (un retour aux sources d'Eden, au jardin d'Adam, à la pomme.)

Il aurait fallu quelque honneur
A cette maman en congé
Quelque honneur à ses rondeurs
Encore belles et accortes
Quelque Jouir simple
Ou bien encore
Un tout petit peu compliqué
Quelques caresses cavalières
A la sauvette ou appuyées
Quelques nouveautés passagères
La queue d'un ami de confiance
Pour cette Dame de Midi
Une très savante jouissance
Comme un fruit cueilli sous la branche
Soleil juteux des Providences
Tel un bras d'honneur sous ses jupes
Un Jouir de friponne
Un Jouir qui rie aux éclats
Sans peur de jouir
Et sans reproche
D'aucune sorte
Un embarquement pour Cythère
Entre lessives et vaisselles
Et l'apéro de son mari
En somme
Le plus beau des gestes d'amour
Entre les fesses
Et pour que le Jouir se prolonge
Elle pourrait aller à confesse
Car
(Il s'en passe des choses mignonnes
Quand les soutanes s'abandonnent !)
Puis
Ravie, assouvie, épanouie
Elle s'en retournerait
A ses foyers
A ses activités :
La comptabilité
La table à repasser
Le dentiste et le chat
La mousse au chocolat
Les fleurs et le gazon
La recette fermière
Puis encore
Ravie, assouvie, légère
Elle grimperait à l'assaut
Des idées, des projets
Prête aux tâches multiples :
Réunions du syndic...
Que sais-je ?
Puis enfin, Elle écrirait, crierait
D'une plume fertile
Dans le petit carnet
Caché dans la bonnetière
(Carnet veinard carnet secret)
Qui recueillerait les mots
Brûlants de tout l'or du monde
L'or pur l'or blond
D'une femme en flammes
D'une femme en fusion.

Mutinerie mutine - version imprimable

A ceux qui me demandent qui sont Thimothina et Léonard
Autre parenthèse de Thimothina

Parenthèse pour un jeune cavalier
Arthur
Mutinerie mutine
Pour en finir avec la sourde oreille
haut

Parenthèse pour Léonard
Pour en finir avec la sourde oreille

Certes, certes
Nos peaux de satin
Nos désirs illimités
Nos mutins raffinements
Nos mains en attente de velours vénitiens
Nos connaissances jamais apprises
Nos imaginaires musicaux
Nos sagesses absentées
Nos délicatesses effleurées
Et nos savantes maladresses
Tous les parfums réinventés
Et nos prières fertiles comme berceuses africaines...
Timides audaces et libres trouvailles
Sans maître, sans chaînes ni menottes
Sans dentelles ni jarretelles rose saumon
Sans bottes, sans fouet et sans éperons
sans sermons et le reste, le reste
TOUT CELA mérite mieux, tellement mieux
Mérite TANT, en luxe, en calme, en voluptés
En fleurs du Bien
Fleurs des sommets...
Mérite TOUT, TOUT !
Mérite tout un fabuleux Laisser Passer
Pour la Mappemonde Univers
Et pour la Contrée des Lumières
Encore inexplorée de nos âmes chaudes
Mérite le désert du Petit Prince
Où nous attendent un grand lit de nuages
des baisers de nuages
et ses oasis sans mirages...
Nous méritons un fabuleux Laisser Passer
Mais qui, doit le délivrer ?
Qui nous empêche ?
Qui ?

Thimothina en voyage

Pour en finir avec la sourde oreille - version imprimable

A ceux qui me demandent qui sont Thimothina et Léonard
Autre parenthèse de Thimothina

Parenthèse pour un jeune cavalier
Arthur
Mutinerie mutine
Pour en finir avec la sourde oreille
haut



ACTUEL - BONJOUR - PARUTIONS - DISCOGRAPHIE - SCÈNES - TV/CINÉMA/RADIO - ÉCRITS - J'AI GLANÉ - PRESSE - CONTACT - LIENS - PARCOURS - LETTRE OUVERTE - LES PARENTHESES DE THIMOTHINA - LES BILLETS DE VALENTIN - SITEMAP - SITE CREE PAR MOTIF.